J’ai répondu à l’invitation d’un ami, celle à venir découvrir sa ville d’origine.
J’ai terminé ma semaine de travail dans une banque d’investissement. De La Défense, le RER A m’emmène à la gare de Lyon. Un ami, lui-même travaillant au sein du
middle-office de cette même banque, m’accompagne sur ce court trajet. Nous échangeons quelques réflexions sur nos quotidiens professionnels respectifs puis sur des sujets plus
personnels.
En Gare de Lyon, je prends connaissance du numéro du quai duquel partira mon train. Quelques minutes plus tard, je monte à bord de ce dernier et y prends place. La
nuit est déjà tombée. Le train démarre. Passé la banlieue parisienne, l’éclairage urbain se fait rare. Les territoires traversés ne s’entrevoient plus que comme des masses obscurément mornes. Je
m’assoupis, me réveille et m’en vais au bar, bien décidé à voir dans la possibilité de manger un sandwich à la vitesse de 270 km / heure un luxe que je ne dois pas me refuser. Cependant que mon
palais souffre du croque-monsieur trop réchauffé, je « capte » les conversations de deux compagnons de bar, des producteurs audiovisuels d’après ce que je saisis de leur tête-à-tête.
Le voyage passe vite et me laisse finalement peu de temps pour étudier mes crises existentielles du moment. Marseille approche. Nous traversons ses faubourgs avant
que le train se retrouve flanqué des quais de la gare de Marseille St Charles, ralentit et s’arrête. Je descends. L’air n’est plus celui de Paris. Il y a bien sûr l’iode, mais il y a aussi
quelque chose de plus « méridional ». Du haut du parvis de la Gare de Saint Charles, j’observe une partie du centre-ville qu’il surplombe. Je retourne dans le hall, m’égare au Mc Do. Le train de
mon ami arrive une demi-heure après le mien. La demi-heure passe et de nouveau, une masse de passagers en provenance de Paris se déverse dans le hall de cette gare qui mêle, non sans réussite,
l’architecture grandiloquente des « gares-cathédrales » du 19e siècle avec celle plus contemporaine, plus « aéroportuaire », de l’annexe construite il y a quelques années, à l’occasion de de
l’arrivée du TGV Méditerranée.
L’ami attendu et moi nous retrouvons. Nous quittons la gare et descendons le grand escalier qui la relie au centre-ville. Nous remontons les rues désertes de ce
centre-ville aux façades bourgeoises souvent décrépies. C’est probablement là un avant-goût de ce Marseille qu’on dit bohème, « populaire ». Outre ses grandes rues désertées et sombres, vestiges
d’un urbanisme haussmannien fané, la ville se caractérise aussi par son relief très escarpé : les montées et les descentes se succèdent. Nous atteignons la rue de l’Olivier, nom invitant à lui
seul au voyage. Là, nous gagnons l’appartement familial de mon ami où nous discutons, nous restaurons légèrement et dormons.
Le lendemain, nous partons à la découverte de Marseille. Ce ciel outrageusement azuré et cet air démesurément doux me font oublier que nous ne sommes que
début-février. Notre premier objectif consiste à monter à bord du petit train touristique. Pour ce faire, nous traversons le centre-ville de Marseille, centre-ville encombré, à cette heure, par
ses étals de marché où reposent les poissons fraîchement pêchés. Partout résonne cet accent marseillais et partout sourient ces faciès dont la diversité nous rappelle que ce sont les populations
de tout le pourtour méditerranéen et d’au-delà qui ont fait et qui continue de faire la cosmopolite population marseillaise. Nous traversons ce pan de ville très animé et arrivons sur les bords
du Vieux-Port. Là, nous prenons place à bord du train touristique. Le charme de ce mode de traction – suranné, lent – n’a d’égal que ceux des quartiers traversés. Vraiment. Une fois quitté le
centre-ville, nous nous retrouvons bientôt entre falaise et mer, sur la « corniche ». Celle-ci délimite, en bord de mer, certains des quartiers orientaux de Marseille et tout ce qu’ils comptent
de belles villas. La route ne cesse plus de monter et de monter jusqu’à nous mener à notre terminus : la Basilique-Notre-Dame-de-la-Garde. De son promontoire rocheux, l’édifice domine toute la
ville. Et comment cette ville apparaît-elle à Notre-Dame, depuis cette hauteur ? Elle apparaît comme une ville très étendue, plate (exception faite d’un gratte-ciel solitaire près du port
et des nombreux HLM des quartiers Nord), aux murs blancs et aux toits rouges, une ville coincée entre les montagnes couvertes de pinèdes et la mer. C’est une ville méditerranéenne. Mais l’envie
de la découvrir, de découvrir cette ville, se fait trop forte. Certes la basilique est impressionnante, mais il n’empêche que Marseille, tout en bas, nous attend !
Nous avons tôt fait de remonter à bord du petit train qui a lui-même tôt fait de nous déposer au point de départ, sur le Vieux-Port. De là, nous entamons notre
découverte du Vieux-Marseille. Ce faisant, nous marchons littéralement sur les pas des populaires héros du populaire « Plus belle la vie ». Là aussi, dans cette vieille-ville, les bâtiments
pourraient être rénovés mais là encore, cette décrépitude toute relative, ce linge qui pend çà et là aux fenêtres par-dessus nos têtes ou ces vieux Marseillais qui prennent le temps de vivre
devant les magasins dédiés à la pétanque confèrent au quartier une atmosphère très particulière. Nous visitons l’ancien hospice de la Vieille Charité, bel édifice du 17e siècle qui par son
architecture (arcades, patio central) rappelle soudainement à mon souvenir l’athénée de Mérida, au Mexique. Du reste, étrange coïncidence s’il en est, ces deux édifices distants de 10.000
kilomètres géographiquement et de 16 mois dans mon vécu, abritent tous deux des espaces muséographiques. Ainsi, à Marseille, des collections d’arts premiers sont désormais exposées. Elles ont
remplacé les indigents que la Veille Charité avait pour mission d’accueillir à l’époque de son ouverture. Alors que nous nous promenons sous les arcades de l’édifice, je le vois : le soleil
décline. Nous ressortons de la Veille Charité et visitons, à quelques rues de là, en bord de mer, l’imposante Cathédrale de La Major qui semble rappeler, par son style, le souvenir de
l’orgueilleuse Byzance.
S’ensuit une retraversée du Vieux-Marseille en longeant le Vieux-Port, là où les nombreux bâtiments modernes, sobres et uniformes construits après-guerre nous
rappellent que le quartier a en grande partie était dynamité, pendant l’occupation, par les Allemands. Ce quartier cosmopolite déplaisait en effet trop à un Hitler qui en ordonna la
destruction.
C’est dans l’un des nombreux bars situés au rez-de-chaussée d’un des bâtiments reconstruits après-guerre, au bord du quai Nord du Vieux-Port, que nous nous posons à
une terrasse. Au diabolo fraise, je préfère finalement un chocolat chaud. Je le déguste tout en conversant avec l’ami. L’heure passe, le soleil se couche.
Après une halte rue de l’Olivier, nous prenons pour la première fois le tramway puis le métro marseillais (très rapides). Rapidement, nous atteignons le rond-point
du Prado. Il fait nuit et le Marseille que je vois, lorsque je refais surface, est un autre Marseille : celui du Stade Vélodrome notamment, aux abords desquels s’affairent les supporters de l’OM,
celui des HLM. Nous prenons un bus qui descend la grande avenue du Prado jusqu’à ce que la mer en marque la fin. De nouveau, Marseille semble décidée à me rappeler le Mexique : l’avenue du Prado
me rappelle en effet la grande avenue du Paseo de Montejo, à Mérida. Nous arrivons en bord de mer, là où quelques restaurants ont « poussé » au bord de la plage. Et cet endroit lui aussi me
rappelle de nouveau le Mexique…
Je fais taire mes souvenirs mexicains et me concentre sur « aujourd’hui et maintenant ». Les restaurants sont nombreux et après moult hésitations nous nous rabattons
sur le restaurant marocain du coin et son buffet à volonté. Après avoir dîné et discuté de nos avenirs respectifs, il est grand temps de reprendre le chemin du retour. Pas de bar, pas de
night-clubs jusqu’à 8 heures du mat’ : mon ami a opté pour un week-end tranquille. Pourquoi m’en plaindrais-je ? N’est-il pas plaisant d’oublier un tant soit peu le tumulte parisien ? Nous
méprenant sur les horaires indiqués à l’arrêt de bus, nous attendons près d’une heure ce bus que nous ne verrons jamais arriver.
Heureusement, au même arrêt de bus, patientent ce qui doit être deux couples d’innocents lycéens. Ils parlent allègrement de leurs diverses expériences, expériences
dont l’audace me permet de mesurer combien les mentalités ont progressé en une génération. Âge de l’innocence ; les écouter me divertit. L’un d’entre eux fait souvent référence à la grand-mère
d’une des jeunes filles, s’amusant à imaginer ce que serait la réaction de la veille femme à écouter le récit de telles expériences. Une heure étant passée sans voir de bus et ma contrariété
allant en augmentant, nous nous décidons à utiliser un moyen de transport alternatif. Nous prenons un taxi qui nous redépose à la station de métro par laquelle nous étions arrivés. En moins d’une
demi-heure (le métro marseillais est rapide, propre et peu bondé), nous nous retrouvons de nouveau chez mon ami. Nous débattons de sujets de société de bon goût (« délocalisations : causes et
conséquences », « Finance mondiale : pouvoir réel ou pouvoir fantasmé ? ») en lâchant, pour ce faire, la bride à mon goût de la provocation et de la polémique. Puis nous nous
endormons.
Le soleil vient de se lever. C’est dimanche mais ce dimanche-là n’aura de dimanche que le nom : le programme qui nous attend est chargé. Toujours soucieux de
conserver, en tout lieu, certains repères culturels, nous déjeunons au Starbucks. Sitôt les gobelets de la marque à la sirène vidés et jetés, nous nous présentons à l’embarquement d’un ferry, sur
le Vieux-Port. Une fois la foule de passagers chargée, les hélices du navire s’activent et nous voilà bientôt en train de traverser le bassin du Vieux-Port et puis bientôt, la Méditerranée. Où
allons-nous ? Sur les îles qui, à quelques kilomètres de la côte, s’étendent au large de Marseille. Sur le pont surchargé de touristes, le vent frappe le visage pour mieux nous réveiller et nous
faire apprécier le paysage. Marseille est déjà loin lorsque nous accostons la première île : la légendaire île d’If. Alexandre Dumas en a fait le cadre du début d’un de ses plus célèbres romans.
Mais si cette île-prison n’a jamais eu pour prisonnier un futur comte de Monte-Cristo, elle en a vu d’autres par centaines, autrement plus réels, du 16e au 19e siècle. Les derniers d’entre eux
furent les Communards, en attente de partir pour le bagne. Mais aujourd’hui, de ce passé, il ne reste qu’un vieux-fort aux cachots vides. L’île même revêt un certain charme, toute vallonnée et
scindée de falaises qu’elle est.
Bientôt un ferry en provenance de Marseille réapparaît à l’horizon. Nous redescendons au niveau de l’embarcadère. Nous remontons à bord et quelques minutes plus
tard, le ferry nous redépose sur une autre île rocailleuse et beaucoup plus grande : celle de Ratonneau. Une heure et demie durant, nous parcourons une partie du chemin côtier de cette île
dominée par un haut promontoire rocheux. Quelques centres de vacances, dont certains abandonnés, et bâtiments militaires eux aussi désaffectés apparaissent en chemin. Surtout, au détour du
sentier se découvre parfois de belles calanques dont les eaux turquoise nous inviteraient, si ce n’était pas l’hiver, à y plonger. J’aurais aimé marcher encore et encore, découvrir d’autres
calanques, d’autres points de vue, mais mon ami s’inquiète : l’heure passe et nous avons un TGV à prendre en fin de journée. Je tente de le rassurer mais rien n’y fait et je me résigne à faire
demi-tour. Nous faisons demi-tour et atteignons l’embarcadère où se pressent déjà quelques passagers. C’est à la lumière déclinante d’une fin de journée que le navire parcours les quelques
kilomètres de mer séparant les îles du Frioul de la cité phocéenne.
Nous remettons pied à terre sur le Vieux-Port. Le centre-ville que nous retraversons n’a rien perdu de sa vitalité en cette fin de dimanche ensoleillé : les badauds
sont nombreux. Nous arrivons bientôt à l’appartement, rue de l’Olivier. Après nous être restaurés, nous nous attelons à faire nos sacs. Bientôt, la porte de l’appartement se referme derrière
nous. Nous prenons le chemin de la gare. Vous dire que nous avons marché sereinement jusqu’à la gare et que nous y avons trouvé notre train n’auraient que peu d’intérêt. N’en disons rien. Le
voyage retour a été court. La nuit est tombée rapidement me laissant cependant le temps de photographier le coucher de soleil sur ces paysages méridionaux que je voyais pour une dernière
fois.
Marseille est une ville agréable, fière de son histoire, une histoire faite de flux incessants l’ayant reliée à l’ensemble du monde méditerranéen. La mer, la lumière
du soleil, le temps de vivre sont autant de mots que suscite son souvenir. Mais ces quarante-huit heures sont trop vite passés pour que je puisse affirmer avoir véritablement connu Marseille.
Pourtant, celle-ci m’a assurément donné l’envie de revenir faire sa connaissance, l’été venu peut-être. En vérité, ce week-end fut davantage un interlude bienvenu dans un quotidien tout entier
consacré au développement d’une grande société. Dans le train du retour, je songeais à ces prochains mois sans encore savoir qu’ils risqueraient bientôt de se révéler tout autres que ceux
prévus.
Enfin, quel étrange phénomène que celui d’avoir vu Marseille me rappeler, par deux ou trois fois, le souvenir du Mexique. Mais le temps me serait bientôt donné de me
rappeler à loisir mes souvenirs mexicains et d’étudier l’opportunité qu’il y aurait à leur redonner vie… Quelque chose de loin, très loin de ce week-end à Marseille.



envahis
par les 4x4 des touristes qui peinent à se trouver une place dans les rues étroites et escarpées. Car Real de Catorce est pour partie édifiée à flan de montagne, enserrée entre deux pitons.
Seul le tunnel la relie directement au monde extérieur. Ses maisons aux épais murs de pierres sont celles d’un village de montagne. Héritage de ses « hey days », ce qui constituait
probablement des hôtels particuliers sont devenus des hôtels tout court. Ces hôtels accueillent même de temps à autres quelques grands de ce monde : Real de Catorce sert en effet de
décor naturel à certaines productions hollywoodiennes. Rien de surprenant donc à voir autographiées photos de Johny Deep, Brad Pit ou Julia Roberts dans le hall de notre petit
hôtel.
Tout ce monde n’a de cesse de déambuler ou de stationner dans des rues aux murs de vieilles pierres pour certains
toujours debout, pour d’autres depuis longtemps effondrés. Avec ses murs crénelés, la périphérie en ruine semble unir naturellement le centre-ville, dans lequel se concentrent les habitants,
aux montagnes environnantes. Parcourir ces rues escarpées aux murs en ruines, baigner dans la lumière rasante d’une fin de journée, respirer cet air qui sent les cimes et le crottin de
cheval : c’est peut-être un peu renouer avec cette époque qui inspira Pagnol ou Fournier, cette époque où les campagnes demeuraient, en ce 20e siècle naissant, préservés des
sophistications de la vie urbaine. Dans cette époque, marcher, humer l’air, voir ne sont que des plaisirs, des plaisirs qui n’ont pas à se justifier de leur utilité.
Mon expérience de l’apocalypse virale en
temps réel.

Le soleil nouvellement levé sonne notre deuxième journée barcelonaise. Notre première destination : le fort de MontJuïc. Situé au Sud de la ville, cette
ancienne forteresse et prison politique surplombe la ville. Métro puis funiculaire nous mène à la station du téléphérique ultramoderne. La cabine suspendue au câble s’élève dans les airs. Tout
Barcelone se dévoile. A l’est la mer bleue, en arrière plan la montagne sur laquelle culmine montagne de la Collserola ; au centre, la ville scintille de ce blanc méditerranéen. Jaillissent
les souvenirs d’autres villes méridionales : les villes croates, Lisbonne. Notre cabine entre dans la station située au sommet du Montjuïc. Le soleil cogne. Le vieux fort ocre a conservé
quelques canons modernes pointés vers la mer. Probable témoignage des trois années de guerre au cours desquelles la cité catalane résista jusqu’à l’épuisement aux hordes franquistes. Les flancs
Nord et Ouest du Montjuic offrent au regard l’étendue de l’orgueilleuse métropole, les flancs est et sud donnent sur le complexe portuaire, ses installation pétrochimiques, ses innombrables
containers entreposés en attente d’autres horizons, la mer. Du fort Montjuïc, nous réembarquons à bord du téléphérique, puis à bord d’un funiculaire envahi par un groupe de jeunes enfants
joyeusement bruyants, puis à bord du métro. Notre nouvelle étape : le
Un petit détour par le quartier de l’Eixample, celui des
grands boulevards du 19e siècle, haussmannien quoique d’essence plus latinisée, voire orientalisée, que celle de Paris. Pur est fatigué de marcher. Il dit préférer l’humanité des
terrasses aux « vieilles pierres ». Nous dînons dans l’un de ses restaurants (pas si) chics. A l’hôtel, notre esprit sombre dans le sommeil.
Le vieux funiculaire nous hisse au
sommet : la cime de Tibidabo. Le nom lui-même est une ode à la poésie. Parc d’attraction aux manèges et à l’ambiance surannés, basilique monumentale avec Christ au sommet et cafétéria
d’inspiration mauresque s’y côtoient. La lumière de la fin de journée colore d’or les façades, le dallage et la ville de Barcelone s’étendant en contrebas. Dans la basilique, j’ai pour compagnon
le silence des lieux et les représentations bibliques. Le funiculaire chargé de touristes, d’enfants au nez peinturé de rouge nous ramène au commencement de l’avenue Tibidabo. Deux métros et un
tram nous emmènent en bord de mer. La nuit est tombée. Le lieu conserve les opulents souvenirs des Jeux Olympiques de 1992 : gratte-ciel, casino, restaurants clinquants. La plage de sable
fin est quasi-vide. Musique du ressac accompagné par les clameurs urbaines. Nous nous asseyons. Nous repartons. Pur ne veut plus rien faire sinon dormir. Parvenons à notre hôtel. Mangeons.
Dormons.

La
Au nord de la Dalmatie se trouve la
ville portuaire de
Zadar a pour cadre une région prise en
étau entre sa côte morcelée et la montagne. Au large se trouvent de nombreuses îles. Nous avons parcouru dans toute sa longueur celle de
Après deux jours passés dans la
région de Zadar, nous reprenons la route du Sud, direction Split. Sur la route, nous faisons une halte au parc de
A l'instar de Zadar,
C’est une ville que l’on vit qui se vit
en plein air, au point qu’il arrive qu’on lève la tête et qu’on se surprenne à noter l’absence de toit pour recouvrir cette ville-maison. Même en Croatie, il doit bien
pleuvoir de temps à autres. En matière de collision spatio-temporelle, s’entrechoquent à Split
les vestiges de la Rome antique – en témoignent les vestiges du palais et du Forum –, de l’époque moderne et de l’époque contemporaine. Ainsi, en suivant la foule s’infiltrer dans les ruelles, on
peut entre autres déboucher sur une place à l’exubérance vénitienne puis, le temps de passer sous plusieurs porches, déboucher au cœur de l’ancien palais romain, sur une place dominée par des
colonnes doriques. Quelques mètres après, on pénètre dans les sous-sols du Palais, seule partie de l'édifice demeurée intacte. Plus loin encore, on débouche sur le port avec ses terrasses et ses
palmiers, coin de farniente qui n’a rienà envier à ceux de la Riviera françaises.
De Split, nous avons embarqué, le
lendemain de notre arrivée, pour l’
Nous retraversons la mer en ferry au
crépuscule. A notre arrivée, la Split nocturne s’éveille.
Pour notre ultime journée
croate, nous décidons d’aller plus au Sud. A défaut d’autoroute et de temps suffisant, nous ne pouvons atteindre le dernier joyau de la côte dalmate, Dubrovnik. Nous nous contentons donc de
longer la
nombreuses petites criques et la haute montagne. Le paysage est magnifique. Le long de la route
s’égrènent de nombreux villages touristiques avec leur marina et leurs cafés aux terrasses bondées. Nous faisons halte dans l’un d’entre eux : Markaska. Au risque de paraphraser le guide
vert, il y règne, il est vrai, l’atmosphère désuète de la Riviera d’antan, j’entends la Riviera française, la Côte d’Azur.
Ses maisons de pierres font face au port et aux voiliers ; ses rues achalandées se rassemblent autour de la grande égalise. A l’ouest l’horizon maritime
n’offre aucune limite ; à l’est se dresse les hautes montagnes, toutes proches, qui abritent, en cet endroit, l’un des principaux parcs naturels croates, celui du
Le matin venu, nous quittons Split.
L’autoroute du retour nous fait repasser non loin de Zadar. Un peu plus au Nord : nous faisons une ultime halte au parc de
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